“Vuka”: Valuing & UnlockingKnowledge from Africa – Valoriser et partager la recherche africain, lauréat de l’ appel à projets du Fonds national pour la science ouverte en faveur de l’édition scientifique ouverte
Le 18 décembre 2025 le projet VUKA Valuing & Unlocking Knowledge from Africa – Valoriser et partager la recherche africaine a été lauréat du quatrième appel à projets du Fonds national pour la science ouverte en faveur de l’édition scientifique ouverte
Bénéficiaires
– UMR 5115 Les Afriques dans le monde, Pessac, France
– UAR 3336 Afrique au sud du Sahara, Nairobi, Kenya; Ibadan, Nigeria; Le Caire, Égypte;
Johannesburg, Afrique du Sud
– UAR 3137 Centre français des études éthiopiennes, Addis Abeba, Éthiopie
– Consortium Global Africa, Saint-Louis, Sénégal
Partenaires
– Cedej Khartoum, France, Égypte
– African Books Collective, Royaume-Uni
– OAPEN Foundation, Pays-Bas
– Open Access Scholarly Publishing Association (OASPA), Pays-Bas, Royaume-Uni
– School of Information Sciences, Moi University, Kenya
– IR Métopes, France
– Institut des mondes africains (IMAF), Francee
– GIS Études africaines en France, France
Durée
36 mois: mi 2026 – mi 2029
Résumé
Ce projet vise à constituer un réseau transcontinental pour l’édition ouverte et multilingue de monographies pour la recherche africaine d’excellence en SHS. Il regroupe le consortium Global Africa et les six instituts français de recherche en Afrique subsaharienne, avec des partenaires africains et internationaux. Il s’appuie sur les structures de publication en accès ouvert qu’ils ont construites, sur leurs réseaux scientifiques et leur connaissance des écosystèmes éditoriaux africains. En se donnant l’objectif de réaliser un programme de publication ouverte d’ouvrages originaux made in Africa, il veut agir concrètement contre les asymétries d’accès aux moyens et infrastructures de la science ouverte, et notamment au référencement international des monographies. En promouvant des savoirs multilingues, à la fois rigoureux et appropriables par les sociétés africaines et leurs universités, il veut aussi réduire la césure épistémique et théorique entre les académies africaines de différentes langues, notamment anglophones et francophones. Il veut affirmer le rôle des institutions de recherche française en Afrique dans le mouvement d’un accès ouvert diamant soutenable et équitable globalement.
Sauf rares exceptions, les ouvrages scientifiques sont exclus des recommandations d’accès ouvert en Afrique, à l’inverse des revues. Le livre y est de plus mal valorisé dans l’évaluation des carrières.
Faute de financements et de débouchés, les chercheur.es africain.es publient très rarement des livres issus de leurs thèses, et encore moins en accès ouvert. Cette situation entretient l’invisibilité d’apports scientifiques potentiellement décisifs, originaux, ancrés dans une connaissance empirique fine, à propos du continent.
Le sous-financement de l’édition de livres de SHS affecte également la littérature de formation à la recherche. Or, le besoin est réel de synthèses thématiques et méthodologiques à jour pour les contextes africains.
Seules des initiatives fortes et mutuelles peuvent contribuer à défaire cette asymétrie objective. Nous mobiliserons un réseau de capacités pour l’accès ouvert de monographies africaines, depuis l’identification et la sélection des meilleurs textes, et des thèmes les plus pertinents, jusqu’à leur diffusion en accès ouvert. Pour soutenir cette initiative, nous proposons un programme qu’un comité de scientifique et d’éditeurs, à majorité africaine, aura la charge de sélectionner et de porter : une série de monographies multilingues issues de thèses soutenues dans des universités africaines ; une série d’ouvrages centrés sur les sources et matériaux pour la recherche en Afrique ; une série de traductions importantes pour la circulation des savoirs en Afrique et la réduction des frontières linguistiques. Bénéficiant d’une édition structurée, ces ouvrages seront enrichis d’extensions produites selon l’état de l’art des humanités numériques : collections de documents et de données originales, contenu multimédias, telles que nous le pratiquons par exemple pour la revue Sources. Materials & Fieldwork in African Studies.
Contexte
2024 a été une année-clé pour le mouvement de la science ouverte en Afrique, ponctuée d’initiatives, de publications et d’événements (cf. annexes) culminant avec le deuxième Sommet global pour l’accès ouvert diamant en Afrique du Sud. Il y a été témoigné du chemin parcouru depuis dix ans : le basculement de la diffusion des revues africaines vers l’accès ouvert est spectaculaire, permis par l’implémentation de politiques scientifiques favorables à la science ouverte. Mais en creux de ce mouvement, apparaît la large absence de l’édition d’ouvrages scientifiques, notamment dans le domaine des études africaines. Les livres ouverts en études africaines progressent… mais sans l’édition en Afrique. Les monographies en accès ouvert publiées ces dernières années sont dans leur écrasante majorité éditées en Amérique du Nord et au nord de l’Europe, en langue anglais, pour des catalogues surreprésentant certaines régions d’Afrique au détriment d’autres (cf annexes).
Les UMIFRE en Afrique subsaharienne sont des outils cruciaux que s’est donné l’ESR français depuis les années 1970 pour le travail sur les sociétés, les histoires, les politiques africaines, mais aussi le contact direct avec les mondes académiques africains. De par leurs missions scientifiques (cf annexes), leur situation géographique, et leurs ambitions de participer aux échanges scientifiques Afrique – Europe, il est inscrit dans les missions de ces instituts de faire ce diagnostic, et d’y répondre par un ambitieux projet tel que celui ici présenté, à la suite du projet « SOEA » (2022-2025). Ce dernier a permis de proposer en accès ouvert un catalogue multilingues d’ouvrages importants, mais conçus majoritairement au Nord.
Le consortium Global Africa, implanté au Sénégal, a été initié pour soutenir la jeune recherche africaine, appuyer la publication et renforcer les capacités de l’édition académique en Afrique. Ses animateur·rices ont fait un constat informé similaire à celui des UMIFRE-A. Les objectifs et missions de l’ensemble des partenaires du projet coïncident dans le souci de porter activement une édition de SHS africaines, à la fois correspondant à des critères exigeants de qualité scientifique, et directement utiles aux sociétés et aux mondes intellectuels africains.
Les formats de livres qu’il a communément été choisi de privilégier ici (les monographies issues de thèses, les références méthodologiques, l’édition de sources et documents) sont à la fois parmi les plus complexes à porter sans financements dédiés et les plus absents de l’accès ouvert, alors que ce sont ceux qui permettent d’envisager un impact important. Dans les deux cas, les UMIFRE-A s’appuient sur des précédents, soit déjà publiés, soit en cours d’édition (cf annexes).
Objectif général À la fin du projet, avoir constitué un réseau de capacités stables pour l’édition de monographies numériques en Afrique. Avoir développé des canaux de financements pour l’édition africaine en accès ouvert – financements sur projets, sur participations d’institutions ou de fondations internationales, sur financements structurels de bailleurs internationaux.
Impact potentiel du projet dans l’écosystème de la science ouverte
Impact 1: développer, internationaliser, renouveler en termes d’autorat des pôles de publications ouvertes pour les études africaines.
Le projet donnera un coup d’accélérateur à l’entrée de jeunes chercheur.es africain.es dans un paysage scientifique ouvert qui leur est particulièrement difficile d’accès.
Indicateurs : a) nombre à la fin du projet d’auteurs africain.es émergent.es édités / publiés ; b) proportion par catalogue des auteurs localisés en Europe / localisés en Afrique.
Impact 2 : créer des pôles de référence sur des thèmes et méthodes transversales des sciences humaines en Afrique. L’exemple en est aujourd’hui l’History of Women in Ethiopia (Publications du CFEE) qui, conçu comme une synthèse d’histoire à destination des étudiants en Éthiopie, a cumulé en 4 mois (sa publication a eu lieu en janvier 2025) env. 2 000 vues et surtout 1 200 téléchargements.
Indicateurs : téléchargements, vues, citations des ouvrages du segment « Nouveaux repères pour la recherche africaines » (NoRa)
Impact 3 : favoriser l’équité de genre dans l’édition des études africaines.Les partenaires du projet se veulent des pôles d’exemplarité pour l’équité de genre dans les sciences, une question réelle dans la recherche africaine notamment. Ils veulent non seulement entreprendre ce rééquilibrage de genre dans l’autorat mais communiquer sur cette question.
Indicateurs : a) proportion des autorats féminins / masculins dans les catalogues des partenaires à la fin du projet ; b) listes d’événements scientifiques initiés ou soutenus abordant explicitement la question du genre dans les sciences; c) bilans quantitatifs / qualitatifs de ces événements.
Impact 4: favoriser l’adoption de modèle de diffusion en accès ouvert dans les environnements régionaux. Les partenaires du projet ont également une activité d’information, voire de formation aux modèles et pratiques de la science ouverte dans leurs écosystèmes propres : universités, bibliothèques universitaires, éditeurs institutionnels et privés.
Indicateurs: a) nombres d’ouvrages en accès ouvert élaborés en coédition avec des éditeurs universitaires africaines; b) nombre d’actions concrètes menés en faveur de l’édition ouverte sur les différents territoire ; c) bilans quantitatifs / qualitatifs de ces actions.