LAM accueille Marie Kollek, doctorante à la Friedrich Schiller University (Allemagne)

Nous accueillons Marie Kollek, doctorante à la Friedrich Schiller University (Allemagne), du 03/09 au 10/10/2026. Sa thématique de recherche porte sur « Postcolonial Popular Cultures in Belgium,Germany and France: On the Representation of “Blackness” in the Media Ensemble of the Long 1960s in the Context of Decolonisation ».
1/ Quel est le contexte de votre séjour ?
Grâce à la bourse « Procope Mobilité », je peux effectuer un séjour au LAM, dont je suis très heureuse de pouvoir bénéficier. Le calme, le temps disponible, les espaces de travail et surtout les nombreux ouvrages disponibles sur place me permettent d’avancer sereinement dans la rédaction de ma thèse et de discuter mon projet avec les chercheuses et chercheurs du LAM. Ma thèse porte sur les représentations de la Blackness dans les différents médias populaires de la « longue décennie 1960 », en France, en Belgique et en Allemagne, dans le contexte de la décolonisation. Je travaille également, avec Sylvère Mbondobari, à la préparation d’un projet de coopération entre l’Université d’Iéna et le LAM, qui fera l’objet d’une demande de financement.
2/ D’où vient votre intérêt pour vos recherches ? Pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours ?
J’ai étudié la sociologie, les sciences politiques et les études islamiques. Je me suis toujours intéressée à la diversité des sociétés, aux perspectives marginalisées ainsi qu’aux questions de responsabilité et d’histoire, qui tendent parfois à être reléguées au second plan par l’urgence de l’actualité. Cette volonté de comprendre les phénomènes en profondeur m’a également conduite à questionner les conceptions nationales de la culture et des espaces culturels, et à m’intéresser aux circulations, aux transferts et aux histoires entrelacées.
Je me suis ainsi progressivement intéressée à l’histoire des personnes noires en Europe, tout en étant confrontée, dans les sociétés contemporaines, à la persistance de nombreuses structures et représentations racistes. Cela m’a amenée à me demander comment ces questions se posaient dans les années 1960, une décennie marquée par de profonds bouleversements politiques, sociaux et mondiaux, et quelle histoire permet de mieux comprendre les réalités auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui.
Cette réflexion m’a naturellement conduite vers une perspective transnationale. Mon parcours universitaire et professionnel a été marqué par des expériences dans différents contextes, notamment lors d’un semestre d’échange à Brest, en Bretagne, ainsi que par mon activité d’enseignement des politiques globales à Sciences Po Nancy. Ces expériences ont renforcé mon intérêt pour les différentes sociétés, leurs histoires et les manières dont elles construisent leurs représentations et leurs identités.
3/ Sur quels thèmes vos recherches portent-elles généralement ? Plus précisément, sur quelles questions/problématiques de recherche principales travaillez-vous ?
Je m’intéresse principalement à l’analyse critique des discours et cherche à comprendre comment les rapports de pouvoir façonnent les représentations, les récits et les formes d’expression. Mes recherches portent plus particulièrement sur les sociétés et les conditions dans lesquelles les perspectives minorisées peuvent devenir visibles, être entendues et trouver leur place dans les récits historiques et médiatiques.
4/ Quels défis pensez-vous devoir relever ou êtes-vous en train de relever, et comment comptez-vous les surmonter ?
Les défis sont multiples. La situation politique actuelle et le renforcement des mouvements de droite et d’extrême droite m’inquiètent notamment quant aux conditions futures de la recherche critique.
Dans le cadre de mon travail, l’un des principaux défis réside dans les lacunes des archives. Les perspectives noires ayant longtemps été marginalisées, elles sont souvent absentes des sources ou n’y apparaissent que de manière indirecte. Il s’agit donc de retrouver des traces, de croiser différents types de documents et de rendre visibles des expériences peu documentées.
La dimension transnationale de ma recherche constitue également un défi, en raison de l’ampleur du matériau et des contextes étudiés. Pour le relever, je dois sélectionner, mettre en relation et structurer les sources de manière à donner une forme cohérente à l’ensemble du projet, notamment dans la perspective de le transformer en livre.
5/ Quels conseils donneriez-vous aux autres visiteurs du LAM ?
Je suis au LAM depuis peu et il est donc encore un peu tôt pour donner des conseils. Je suis toutefois très heureuse de découvrir un laboratoire doté d’un champ de recherche aussi spécifique et de constater l’importance accordée à ces thématiques.
Depuis mon arrivée, j’ai surtout eu la possibilité de me plonger pleinement dans mon travail, ce dont je suis très reconnaissante. J’ai également été particulièrement impressionnée par la bibliothèque et par l’ampleur de la littérature disponible sur l’Afrique et les diasporas. Je me réjouis donc de poursuivre ce travail au LAM et de profiter, au cours de mon séjour, des ressources de la bibliothèque ainsi que des échanges avec les chercheuses et chercheurs du laboratoire.