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Soutenance de HDR de M. JEDLOWSKI Alessandro : « Maîtriser le récit : Innovation technologique, imaginaires politiques et configurations de la souveraineté médiatique au Nigéria »
16 janvier / 15h00 – 18h00
Composition du jury
- Moradewun Adejunmobi, Professor in African literature and popular culture, University of California Davis (rapportrice)
- Richard Banégas, Professeur de Sciences politique, Sciences Po (garant) (rapporteur)
- Victoria Bernal, Professor in Anthropology, University of California Irvine
- Dominique Marchetti, Directeur de recherche CNRS au Centre européen de sociologie et de science politique – CESSP)
- Tristan Mattelart, Professeur en Communication Internationale, Université Paris-Panthéon-Assas (rapporteur)
Informations pratiques
Sur inscription uniquement auprès d’Alessando JEDLOWSKI a.jedlowski@sciencespobordeaux.fr
CERI (Sciences Po, 28 rue des St Pères, Paris) en Salle Pierre Hassner
Résumé
Le mémoire « Maîtriser le récit : Innovation technologique, imaginaires politiques et configurations de la souveraineté médiatique au Nigéria » retrace l’évolution de Nollywood depuis les années 1990 jusqu’au début des années 2020, en accordant une attention particulière à la période post‑2010, marquée par l’arrivée des plateformes numériques et de grandes entreprises médiatiques internationales. Il analyse comment l’innovation technologique et la transnationalisation ont transformé les modes de production, de distribution et la relation au public, prolongeant une thèse de doctorat consacrée à l’histoire d’un Nollywood encore largement en marge des circuits mondiaux avant 2010. L’enjeu est de comprendre comment cette industrie populaire s’est progressivement intégrée à l’économie mondiale des médias audiovisuels et quelles transformations cette intégration a entraînées.
Le cadre théorique repose sur le concept de souveraineté médiatique. Bien que formulé dans le contexte des luttes des peuples autochtones australiens et nord-américains, ce concept éclaire les enjeux de la production culturelle africaine depuis les indépendances, où la maîtrise des représentations constitue un enjeu esthétique, économique et politique central. La recherche analyse ainsi les tensions et négociations qui accompagnent la reconfiguration de cette souveraineté dans un contexte de transnationalisation accélérée. À travers plusieurs études de cas portant sur la pénétration de Canal Plus, StarTimes, Netflix ou YouTube dans l’économie de Nollywood, le mémoire montre que la souveraineté médiatique au Nigéria, à l’instar des États postcoloniaux extravertis décrits par Jean‑François Bayart, « se déploie par la création et la gestion de la dépendance ».
L’analyse met en lumière la capacité d’action des entrepreneurs nigérians, sans pour autant tomber dans les limites des approches de l’« agency comme argument », qui font de l’agentivité une conclusion plutôt qu’un outil analytique. Elle répond au contraire à la nécessité de dépasser les oppositions simplistes entre d’un côté, une période idéalisée de production informelle et « par le bas » (le premier Nollywood) et, de l’autre, une industrie néolibérale déconnectée, dominée par de grandes entreprises médiatiques internationales (la Nouvelle Nollywood).