LAM accueille Ange Gonebo, doctorant à l’université Félix Houphouet Boigny

Nous accueillons Ange Gonebo du 12 janvier jusqu’au 24 juillet 2026. Il est doctorant à l’université Félix Houphouet Boigny et travaille sur Lutte contre la traite des personnes et persistance de l’exploitation à des fins sexuelles en Côte d’Ivoire : cas du village de Monoko Zohi (département de Vavoua).
Quel est le contexte de votre séjour ?
Mon séjour au LAM s’inscrit dans le cadre de mon doctorat en sociologie à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, rattaché à l’École doctorale SCALL et à l’équipe d’accueil ETAMP. Il vise à approfondir mes travaux portant sur la lutte contre la traite des personnes et la persistance de l’exploitation à des fins sexuelles en Côte d’Ivoire, notamment à travers l’étude de terrain menée dans le village de Monoko Zohi, dans le département de Vavoua.
Ce séjour me permet également de bénéficier de l’environnement scientifique du LAM, d’échanger avec les chercheurs et doctorants, et de renforcer mes compétences méthodologiques et théoriques dans l’analyse des phénomènes sociaux complexes.
D’où vient votre intérêt pour vos recherches ? Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Mon parcours universitaire a débuté par une licence et un master de recherche en sociologie du politique et de l’intégration à l’Université Félix Houphouët-Boigny, avant l’entame de mon doctorat en 2023. J’ai également suivi récemment une formation complémentaire en finance et management en France, ce qui m’a permis de développer une approche interdisciplinaire des problématiques sociales.
Mon intérêt pour la traite des personnes est né à la fois d’un constat social et d’un questionnement scientifique. D’un point de vue social, ce phénomène demeure largement présent en milieu rural ivoirien, tout en restant peu documenté de manière rigoureuse, alors même qu’il affecte profondément les trajectoires de jeunes filles en situation de grande vulnérabilité. Ma recherche vise ainsi à contribuer à une meilleure compréhension empirique des mécanismes de cette exploitation et de ses impacts sociaux.
Sur quels thèmes portent vos recherches ?
Mes recherches portent principalement sur la traite des personnes et la persistance de l’exploitation sexuelle en Côte d’Ivoire, analysées à travers une approche sociologique, juridique et institutionnelle. J’étudie notamment les profils sociaux des victimes, les mécanismes de recrutement et d’exploitation, ainsi que les représentations sociales de ce phénomène au sein des communautés locales.
Plus largement, je m’intéresse aux relations entre genre, droit, pauvreté, mobilité, emploi et inégalités sociales dans les contextes africains contemporains.
Quels défis pensez-vous devoir relever et comment comptez-vous les surmonter ?
L’un des principaux défis réside dans le caractère sensible et clandestin du terrain étudié, qui complique l’accès aux victimes et aux acteurs impliqués. La collecte de données nécessite une grande prudence éthique, une posture réflexive et une méthodologie qualitative rigoureuse reposant sur des entretiens approfondis, l’observation et les récits de vie.
Pour y faire face, je m’appuie sur une démarche fondée sur la confiance, le respect des principes éthiques, ainsi que sur des techniques d’enquête adaptées telles que l’échantillonnage par convenance et la méthode « boule de neige ». Le soutien scientifique d’un laboratoire comme le LAM constitue à cet égard un cadre précieux pour renforcer l’analyse et la validation des résultats.
Quels conseils donneriez-vous aux autres visiteurs du LAM ?
Je leur conseillerais de s’immerger pleinement dans la vie scientifique du laboratoire : participer aux séminaires, multiplier les échanges interdisciplinaires, présenter leurs travaux en cours et tirer parti de la diversité des approches méthodologiques et théoriques présentes au LAM. C’est un espace particulièrement stimulant pour affiner sa réflexion scientifique et consolider son positionnement de chercheur.