Noémie MARQUES-VERHILLE est Docteure en Histoire moderne et contemporaine

Le 12 septembre 2025, Noémie MARQUES-VERHILLE a obtenu le grade de Docteure de l’Université de Bordeaux Montaigne (UBM) – École Doctorale Montaigne Humanité, spécialité Histoire moderne et contemporaine.
Thèse intitulée : « La France face à l’acteur régional chinois dans le Pacifique insulaire de 1955 à nos jours. »
Thèse de doctorat effectuée sous la direction de Pr. Claire LAUX.
Composition du jury
- M. Renaud MELTZ, Directeur de recherche, Centre Alexandre-Koyre | Rapporteur
- Mme Anne-Christine TREMON, Professeure des Universités, Ecole Hautes Etudes Sciences Sociales / EHESS | Rapporteure
- M. Rémi CASTETS, Maître de conférences, UBM
- M. Philippe CHASSAIGNE, Professeur des Universités, UBM
- M. Jean-Francois KLEIN, Maître de conférences, INALCO
Résumé de la thèse
Mots clés : Pacifique insulaire, France, Chine populaire, Collectivités d’Outre-mer, histoire des relations internationales
Aujourd’hui, la France et la République populaire de Chine sont rarement placées côte à côte et en encore moins dans le cadre d’une démarche comparative. Trop éloignées à de nombreux points de vue, ces deux pays font rarement l’objet d’une comparaison car il pourrait sembler insensé de comparer l’une des deux premières puissances mondiales actuelle à un pays qui compte certes parmi les leaders européens, mais dont beaucoup soulignent un certain déclin sur la scène internationale. Alors que la France est désormais pensée à travers son territoire métropolitain et son Outre-mer, ou encore au prisme d’une identité européenne, voire Indo-Pacifique, la Chine populaire est avant tout perçue en tant que puissance émergente. Que ce soit dans son extériorité, au travers de sa projection sur le plan international, ou dans un rapport de comparaison et d’opposition, notamment avec les États-Unis pour la première place de superpuissance mondiale, ou en raison des rapports conflictuels qu’elle entretient, principalement avec Taiwan. Pourtant, des liens historiques existent entre la France et la Chine depuis plusieurs siècles. Ceux-ci ont été façonnés par des échanges économiques, ainsi que par le biais de circulations culturelles et humaines, qui nous offrent la possibilité de relier ces deux pays sous certains angles et à différentes échelles. Dans ce contexte, le Pacifique insulaire, où se trouve de nombreuses communautés chinoises, et où la France maintient sa présence par le biais de ses Collectivités d’Outre-mer, constitue un prisme original, permettant de saisir la profondeur des interactions entre la Chine populaire et la France à l’échelle régionale. Cette recherche doctorale se structure en trois parties et s’articule autour des différentes notions de l’« héritage » telles que théorisées par Pierre Bourdieu, Pierre Nora et enfin Epeli Hau’ofa. À travers ces acceptions et selon un modèle comparatif, les travaux menés mettent en exergue trois façons d’interroger la dimension Pacifique de la Chine populaire et de la France par le biais d’une étude historique allant de 1955 à nos jours, sous les angles politique, diplomatique, militaire et culturel. L’objectif de ce travail de recherche est d’interroger l’existence de temps de convergences, ou à l’inverse de divergences, perceptibles à travers l’analyse des trajectoires de la France et de la Chine populaire dans le Pacifique insulaire depuis 1955 jusqu’à nos jours. Cette étude vise à mettre en évidence les formes prises par celles-ci, ainsi que leurs temporalités, afin de pouvoir affirmer, ou au contraire infirmer, l’existence d’un ou plusieurs héritage(s) de la France et/ou de la République populaire de Chine à l’échelle régionale. Les recherches menées ont conduit à interroger successivement la cohabitation de ces deux puissances dans le Pacifique insulaire, puis la spécificité de leurs héritages, respectifs ou commun, en tant qu’acteurs de la région. Enfin, ces travaux de doctorat ont tenté de mettre en évidence la dimension Pacifique de leurs identités, ainsi que la dimension identitaire de leurs héritages respectifs. La première partie s’est donc intéressée aux conséquences de la cohabitation forcée et inévitable de ces deux puissances à l’échelle régionale, sous l’angle définit par Pierre Bourdieu. Dans un second temps, à travers la notion du lieu de mémoire de Pierre Nora, nous avons interrogé l’idée que certains espaces régionaux, spécifiquement marqués par la présence de la France et de la Chine, puissent constituer des lieux de mémoire démontrant l’existence d’un héritage spécifique de ces deux pays, collectivement construit et revendiqué à l’échelle locale. Enfin, notre dernière partie s’est consacrée à l’étude d’un héritage à reforger, tel que définit par Epeli Hau’ofa, en l’adaptant aux enjeux contemporains de la scène internationale.