Yohann KHAROUBI

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Doctorant.e.s Doctorant en économie politique depuis septembre 2026

Affiliation

Sciences Po Bordeaux, EDSP2

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Présentation

Ses intérêts portent sur l’économie politique du développement et des capitalismes dans les Suds avec des approches tirées de l’économie hétérodoxe institutionnaliste et de l’anthropologie socio-économique. »

 

Thèse : « Moderniser sans développer ? Capitalismes agro-exportateurs et transition agraire au Maroc et au Sénégal », Co-direction, Alain Piveteau et Jean-Philippe Berrou

 

Depuis les années 1990, dans un contexte de libéralisation et de mondialisation agricole, les institutions internationales comme le FMI et la Banque mondiale ont fait la promotion d’un modèle agro-exportateur pour les pays des Suds (Corrado et al., 2016). Ce modèle fait reposer la modernisation productive des territoires ruraux sur la spécialisation dans des produits horticoles non-traditionnels via le raccordement des agricultures locales aux chaînes de valeur dirigées par les firmes transnationales (FTN) de l’agro-alimentaires afin de répondre aux besoins formulés par les marchés du Nord (Akesbi, 2012). Ce modèle devait stimuler la croissance, améliorer la balance commerciale, générer des devises et contribuer à la réduction de la pauvreté rurale (McMicheal, 2013). Pourtant, les trajectoires observées au Maroc et au Sénégal font apparaitre un paradoxe que l’on peut résumer par la formule « moderniser sans développer » : les succès enregistrés en matière de gains de productivité, de croissance des exportation, d’attraction des capitaux étrangers coexistent avec la persistance voire l’accroissement de vulnérabilités sociales, écologiques et économiques.

Ce constat soulève une interrogation plus générale sur les conditions contemporaines du développement dans les capitalismes africains. Alors que les théories classiques du développement associaient la modernisation agricole à une transformation structurelle fondée sur le transfert de la force de travail vers les secteurs les plus productifs (Lewis, 1954 ; Rostow, 1960 ; Kuznets, 1966) on observe que la main d’œuvre d’origine rurale, loin d’être absorbée par l’industrie en expansion, se trouve précarisée dans des activités informelles de faible productivité (Kesar et al., 2022 ; Sanyal, 2007). Ces contradictions invitent à dépasser une lecture purement sectorielle des capitalismes agro-exportateurs pour les replacer dans la dynamique plus large des capitalismes nationaux.

Ce projet de thèse propose, pour cela, de réactiver le concept de transition agraire comme outil d’analyse des transformations contemporaines des mondes ruraux africains. Ce concept renvoie à l’étude des mutations des rapports sociaux, productifs et territoriaux qui accompagnent les transformations dans les campagnes (Bernstein, 2010 ; Harris, 1982). Il permet de relier les transformations rurales aux trajectoires plus larges du développement capitaliste dans les Suds. Ce projet a pour objectif d’interroger les conditions renouvelées de la transition agraire dans les Afriques, c’est-à-dire une transition extravertie faite d’insertion sélective et asymétrique de certains territoires agricoles dans des chaînes de valeur mondiales sou l’effet combiné de politiques publiques sectorielles, de stratégie des firmes transnationales et des coalitions sociopolitiques locale Quatre hypothèses articulant différents niveaux d’analyse guident notre enquête : l’émergence d’une transition agraire extravertie distincte des transitions internalistes dans les capitalismes centraux du Nord et de ses traductions développementalistes dans les Suds (H1) ; le rôle structurant des firmes transnationales comme agents principaux de la transformation extravertie des territoires ruraux (H2) ; la production lors de cette transition d’une population durablement marginalisée des circuits économiques du capitalisme national (H3) ; enfin, la production et reproduction de ce modèle par des coalitions d’acteurs publics et privés qui y ont intérêt (H4).

Pour questionner ces quatre hypothèses, ce projet de thèse en économie politique adopte une comparaison hiérarchisée entre le Maroc et le Sénégal. Le Maroc constituera le terrain principal à travers les régions du Gharb-Loukkos au Nord et de Chtouka au Sud, tandis que le Sénégal, dans la région du delta du fleuve servira de pivot comparatif décisif.

L’analyse porte sur les filières représentatives des succès modernisateurs comme celle des fruits rouges et tomates au Maroc (Faure, 2019 ; Hellio et Nieto, 2018 ; Sippel, 2016) et celle des haricots verts, melons et pastèques au Sénégal (Baglioni, 2015 ; Baglioni, 2022 ; Benegiamo 2020).

Pour répondre aux différentes hypothèses situées à des niveaux d’analyse différents, ce projet mobilise à la fois des méthodes qualitatives d’investigation avec des entretiens semi-directifs, observation, revue de littérature, étude des données secondaires ; et quantitatives avec des statistiques tirées de la comptabilité nationale et des méthodes d’analyses de réseaux sociaux.

 

Mots-clefs : Capitalisme ; transition agraire ; agriculture d’exportation ; économie politique ; firmes transnationales ; Maroc ; Sénégal.

Biographie

Cursus universitaire :

2024-2026 : Master Risques et Développement aux Suds (RDS), mineure Gestion des Risques (GR), parcours recherche à Sciences Po Bordeaux

  • Mémoire de M2 : « Les fruits de l’ouverture : capitalismes agro-exportateur, transformation structurelle et contradictions du mode de développement au Maroc ». Sous la direction d’Alain Piveteau et Jean-Philippe Berrou
  • Mémoire de M1 : « Les procès de l’orpaillage dans la région de Kédougou au Sénégal : une analyse régulationniste ». Sous la direction d’Alain Piveteau et Jean-Philippe Berrou.

 2025-2026 : Programme d’étude semestriel en macroéconomie à distance auprès de l’université d’Aalborg au Danemark.

2024-2025 : Licence 3 d’anthropologie et d’ethnologie à l’Université de Bordeaux

2021-2024 : Licence de Science politique à Sciences Po Bordeaux.

 2022-2023 : Année de mobilité à l’Università degli studi di Firenze (Florence, Italie).

 

Expériences professionnelles en recherche

Février-Mai 2026 : Assistant de recherche employé par l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) dans le cadre de la construction d’un programme sous la direction d’Alain Piveteau

Avril-Juillet 2025 : Assistant dans l’organisation du XIVème Congrès de l’Association Française d’Economie Politique (AFEP) à Sciences Po Bordeaux.

Mai-Juillet 2024 : Assistant de recherche en économie politique eu Centre Emile Durkheim (CED) auprès de Sébastien Chailleux.

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