LAM accueille Jean Lambert PANDJOU, Université Omar Bongo

Nous accueillons Jean Lambert PANDJOU, Université Omar Bongo, pour un séjour de recherche portant sur la présence et le statut du Noir en Espagne aux XVIIIe et XIXe (ce dernier principalement) siècles, avec Madrid (surtout) et Cadix (dans une certaine mesure) comme points d’ancrage, du 02/03/2026 au 30/09/2026.
1/ Quel est le contexte de votre séjour ?
Après plusieurs années d’activités pédagogiques et de recherches à l’Université Omar Bongo (Libreville/Gabon), j’ai voulu avoir une autre perception et insuffler une nouvelle dynamique à mes travaux. J’ai donc demandé à mon employeur de m’accorder du temps pour que je puisse approfondir ma réflexion et mieux structurer mon nouveau projet de recherche. Et LAM, grâce à Sylvère Mbondobari et David Ambrosetti, m’a fait l’honneur de m’accueillir.
Au-delà de ces deux personnes, c’est toute l’équipe de LAM et de l’IEP que je tiens à remercier du fond du cœur pour l’accueil réservé.
2/ D’où vient votre intérêt pour vos recherches ? Pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours ?
Mon intérêt pour les recherches date des années où j’étais étudiant en 2ème année d’Université. Deux de mes enseignants de l’époque (Mme Tchalou et M. Moukagni) m’ont inspiré lorsqu’ils donnaient un cours sur la Civilisation espagnole. C’est davantage l’Espagne contemporaine qui a le plus retenu mon attention. Depuis 2004 donc (d’abord en tant qu’étudiant puis en qualité d’enseignant-chercheur) mes recherchent portent sur l’Espagne sous Ferdinand VII (XIXe siècle).
S’agissant de mon parcours, il peut être présenté succinctement de la manière suivante:
– 2000-2004: étudiant au Département d’Etudes Ibériques et Latino-Américaines de l’Université Omar Bongo (UOB);
– 2005-2010: étudiant à l’Université de Perpignan Via Domitia (UPVD). Pendant ce séjour en terre catalane j’ai effectué plusieurs voyages de recherche en Espagne (principalement à Madrid): 2005, 2008, 2009;
– 2010 (décembre): soutenance de ma thèse de doctorat: « Madrid sous l’occupation napoléonienne. De la capitulation à la paix générale (1808-1814): les stigmates du 2 mai et de la guerre d’Indépendance sur la capitale et sa démographie »;
– 2011: début de ma carrière comme Enseignant-chercheur à l’Université Omar Bongo.
3/ Sur quels thèmes vos recherches portent-elles généralement ? Plus précisément, sur quelles questions/problématiques de recherche principales travaillez-vous ?
Comme souligné précédemment, mes recherches portent généralement sur l’Espagne sous Ferdinand VII (1808-1833).
Plus précisément je travaille sur l’antagonisme entre Français et Espagnols dans le cadre de la guerre d’Indépendance (1808-1814), entre libéraux et carlistes mais aussi et surtout celui entre absolutistes et libéraux.
Mes problématiques sont centrées sur l’absolutisme, le traditionalisme, le conservatisme, la censure (absolutistes) et sur la révolution libérale, les réformes institutionnelles, les questions de souveraineté, de patriotisme, de liberté (libéraux). En résumé, ils sont centrés sur la conquête et la conservation du pouvoir sur fond idéologique.
J’ai par ailleurs publié une dizaine d’articles sur la période référencée.
4/ Quels défis pensez-vous devoir relever ou êtes-vous en train de relever, et comment comptez-vous les surmonter ?
Depuis quelques temps j’ai décidé de changer de paradigme en orientant et en centrant mes recherches sur la présence et le statut du Noir/des Noirs d’Espagne/en Espagne (Madrid et Cadix notamment) au XIXe siècle, réduit(s) en esclavage.
L’objectif visé à travers ces recherches est de contribuer à rendre visibles ces esclaves et à montrer leur rôle dans le processus d’abolition de cet asservissement.
Porter une réflexion approfondie et m’appesantir sur l’esclavage des Noirs (en Espagne) c’est, in fine, répondre à un appel lancé par des devanciers comme Victorien Lavou, Clément Akassi Animan, Justo Bolekia, Alexis Rossemond et bien d’autres encore.
Certes, une abondante bibliographie existe sur la question. Mais il reste de nombreuses zones d’ombre à explorer. D’où l’intérêt de continuer à travailler sur cette question essentielle.
Je vais donc tenter d’être à la hauteur en produisant un travail digne d’intérêt et qui soit une contribution scientifique réelle à cette question historique de premier plan qu’est l’esclavage des Noirs, notable à plusieurs échelles: locale, régionale, nationale et universelle.
Le défi est de taille (compte tenu du laps de temps qui m’est imparti) mais il est exaltant et mérite d’être relevé.
Chaque année, depuis 2021, je passe quelques semaines à Bordeaux. J’ai pu prendre part à des travaux scientifiques (colloques, séminaires) à l’Université de Bordeaux Montaigne.
Intégrer LAM pour mener à bien mon projet est une belle opportunité pour moi, d’autant plus que le cadre s’y prête et que j’ai déjà pu repérer un certain nombre de travaux (livres, articles) très intéressants et qui me seront d’un grand apport.
C’est aussi le lieu pour rencontrer des collègues, des étudiants, des administratifs, etc. avec qui échanger et qui, d’une manière ou d’une autre, seront une source d’enrichissement.
5/ Quels conseils donneriez-vous aux autres visiteurs du LAM ?
LAM est un laboratoire de référence et de grande renommée nationale et internationale.
J’inviterais donc les autres visiteurs à être des ambassadeurs de LAM, à nouer et à garder de bonnes relations avec LAM, à avoir des échanges en matière de politiques de recherche, à signer des conventions et des partenariats avec ce centre de recherches pluridisciplinaires et aux profils divers et variés.