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Soutenance de thèse LAM – Madame Julie PONGE « Anthropologie du boire et du « déboire » au Lesotho : l’alcoolisme, entre trajectoires individuelles et dynamiques collectives »

29 juin / 14h00 18h00

Thèse de Doctorat effectuée sous la direction de Marc-Eric Gruénais, Professeur émérite Université de Bordeaux

Composition du jury

M. Marc-Eric GRUENAIS, Université de Bordeaux, Directeur de thèse
M. Frédéric LE MARCIS, ENS de Lyon, Rapporteur
M. Patrick PERETTI-WATE,L INSERM, Rapporteur
Mme Cécile VIGOUR, CNRS Centre Emile Durkheim, Examinatrice
Mme Chantal CRENN, UMR SENS, Université Paul Valéry-Montpellier 3, Examinatrice

Mots-clés : alcool, alcoolisme, socio-histoire, normes et régulations sociales, anthropologie visuelle, genre

Résumé:

Cette thèse s’appuie notamment sur la notion de « significations contestées » (Gusfield, 1996) pour interroger la construction de la consommation d’alcool au Lesotho comme objet d’enjeux publics, moraux et politiques. Elle analyse la coexistence de régimes normatifs concurrents, où se croisent dispositifs mondialisés de santé publique, moralisation religieuse, héritages coloniaux, économie morale et sociabilités ordinaires. En examinant l’enchevêtrement des mémoires religieuses, de la gouvernementalité contemporaine et des pratiques quotidiennes, elle cherche à comprendre ce que ces cadres de sens opposés montrent de l’expérience du boire et du « déboire » dans le pays, ainsi que des formes contemporaines de pratiques de consommation, de gouvernement des conduites et de prise en charge de la dépendance à l’alcool. Cette recherche s’inscrit dans une double perspective complémentaire. De l’anthropologie du boire (Castelain, 1989, Obadia, 2004) à l’anthropologie du « déboire » (Fainzang, 1996), elle examine les pratiques de consommation, de sevrage et de soin, ainsi que les engagements institutionnels et collectifs qui les entourent.
Ancrée dans une anthropologie critique du soin, elle mobilise l’économie morale et la tripartition de Kleinman entre disease, illness et sickness pour articuler les dimensions biomédicales, sociales et expérientielles de l’alcoolisme. La recherche compréhensive s’organise autour de trois axes : une sociohistoire des normes révélant les strates de la politisation de l’alcool aux niveaux mondial et national, ainsi que les traces mémorielles des usages et contrôles de l’alcool au Lesotho; une biographie des lieux et des objets, attentive à leur valeur sociale et symbolique; et une analyse des réponses institutionnelles, collectives et individuelles à l’alcoolisme. L’enquête démontre que la moralisation, la médicalisation et les stratégies de l’industrie alcoolière tendent à dépolitiser les rapports à l’alcool en réduisant ses effets néfastes à une responsabilité individuelle. À l’opposé, ce travail plaide pour une politisation du soin, attentive aux solidarités communautaires, aux rapports de genre et aux asymétries structurelles. En proposant un décentrement des modèles biomédicaux, la recherche offre une perspective critique sur les régimes de responsabilité qui conditionnent la manière dont l’alcoolisme est interprété et pris en charge au Lesotho et, par extension, dans les contextes postcoloniaux.


Informations pratiques

  • 29 juin 2026, 14h, Université de Bordeaux, campus Victoire, 3 ter place de la Victoire, 33000 Bordeaux
    Salle des thèses
  • Sur inscription, adresser un mail à julie.ponge@u-bordeaux.fr